La face obscure de la vie politique
Chaque jour amène une nouvelle polémique dévoilant le visage le plus triste de la vie politique. Les petites phrases retenues, sorties de leur contexte pour les uns, éclairant l’horreur de l’ensemble du propos pour les autres sont les faits marquants du débat actuel.
Les commentateurs et éditorialistes, les représentants des partis et multiples porte-paroles se précipitent, chacun ayant le sentiment d’intervenir pour le plus grand bien du débat républicain, de la vie démocratique.
Il n’est pas dans ma volonté de donner la moindre leçon mais le suivi de la vie politique ces dernières semaines provoque chez moi une profonde exaspération.
L’arrivée des « people » sur les listes a constitué la première interrogation. La course aux gens « connus » a remplacé la règle de présenter des acteurs engagés dans des mouvements ou des structures socio-économiques. Ceci est un moindre mal...
Voici, les querelles et les mises en cause.
Les élections régionales, à l’enjeu local, dévoilent un climat dans la sphère politique dès plus consternant.
Les prérogatives des Régions concernent directement la quotidienne des habitants.
Formation professionnelle, éducation, transports, vie économique se trouvent au cœur des interventions et projets d’une collectivité régionale. Le débat devrait porter sur le bilan des sortants, la confrontation des projets.
A moins de trois semaines du premier tour, il est difficile de savoir quelles sont les innovations dans la conduite politique (au sens noble du terme) pour sortir de cette crise et de ses effets sociaux.
Il serait essentiel de savoir comment les candidats envisagent de mener leurs actions dans un contexte financier complexe tant par la réforme territoriale à venir que par un recours à l’emprunt devenu plus difficile. Il faut se rappeler la modification du classement de Rhône-Alpes par un cabinet américain d’évaluation pour mesurer le poids de ces contraintes.
La dette publique est un dossier majeur et le transfert des compétences de l’Etat mérite d’être analysé pour en mesurer pleinement les effets. Ce sont des questions déterminantes dans la conduite de l’Exécutif régional.
Mais l’actualité porte sur les faits de campagne, les déclarations tonitruantes tirant le débat dans le registre sinistre des mises en cause des personnes, de leurs sentiments présumés ou de leur passé.
La vie politique évoluerait-elle vers ses affrontements plus médiatisés abandonnant la confrontation des idées ? Ne serait ce pas la mise en évidence d’une crise de société, d’une société frappée par la crise économique?
C’est justement dans ces épisodes difficiles d’un pays que le débat politique s’impose d’être un temps référent afin de permettre l’acceptation de projets et d’actions.
Comment le demandeur d’emploi arrivant en fin de droit peut-il retrouver un espoir dans ce marais d’apostrophes et de commentaires acides ? Quelles réponses apportées à ces responsables économiques, artisans, patrons de PME qui ne trouvent pas le financement nécessaire pour leur entreprise. La liste est longue avec des exploitations agricoles exsangues, des jeunes diplômés vivant de petits boulots…
Il reste trois semaines pour changer d’atmosphère. Ma crainte est que cela ne soit plus possible.
Yves Espaignet
yves.espaignet@wanadoo.fr
PS
Il faut signaler que ce phénomène n'a pas atteint Rhône-Alpes et que les candidats exposent leurs projets et défendent leurs options dans le cadre d'un débat républicain. C'est un point que je tenais à préciser d'où l'actualisation de ce texte.






