Genève place mondiale du commerce des matières premières



Genève supplante Londres pour le commerce du pétrole/d.r.

« Genève est en train de devenir la plaque tournante mondiale du commerce des matières premières » annonce le site Swissinfo. La cité helvétique dépasserait même la place économique de Londres pour le secteur du « oil business » et s’affirme sur ceux du café et du sucre.
Outre Genève, les négociants de pétrole, de gaz et de métaux sont fortement présents à Zoug ainsi qu’à Zurich et au Tessin, parmi d’autres places, bien qu’à un degré moindre.

Et d’énumérer les arrivées du groupe pétrolier russe Rosneft à Genève dans le même temps que son compatriote Bashneft à Zurich. Les experts économiques suisses soulignent le développement rapide de ce secteur d’activité au cours de ces dix dernières années.
Cette réalité fait que le pays voit toute son activité soutenue de façon significative. Le chiffre d’affaires réalisé représente plus de 3% du PIB de la Suisse, selon l’institut économique helvétique KOF pour un montant dépassant les 17 milliards de francs suisses (13 milliards d’euros). Une progression qui suit celles des compagnies de trading.
L’effet est d’attirer à Genève tout l’environnement nécessaire à ce type d’activité. Bureaux d’avocats, cabinets de consulting, sociétés de fret, services financiers se multiplient notamment dans le centre-ville de la capitale genevoise.
Ces compagnies cherchent à ne pas rester sur un domaine commercial et pratique une diversification de leurs commerces qui exige un environnement d’expertises.
Genève voit ses atouts se conforter.
L’effet imprévu est d’agacer les genevois ne pouvant plus se loger dans leur cité. Le débat est devenu politique.
(source swissinfo)

Yves Espaignet
yves.espaignet@wanadoo.fr

Crise du logement et polémique politique

Cet afflux d’entreprises et de cadres salariés venant s’installer à Genève suscite des inquiétudes car les prix de l’immobilier explosent, plus de 60% en dix ans.
Sur l’un de ses blogs, la Tribune de Genève explique les « dégâts collatéraux » de cette dynamique économique : « le taux de vacance des appartements est dix fois inférieur à celui qui serait nécessaire pour seulement équilibrer l'offre et la demande de logements, on construit chaque année 1000 logements de moins qu'il faudrait pour seulement répondre à l'augmentation de la population ».
Le Dauphiné Libéré a fait état de manifestation du mouvement MCG (mouvement des citoyens genevois) pour dénoncer les effets de ce développement jugé incontrôlé de la ville. Ce ne sont plus les frontaliers qui posent problème mais la cherté des loyers et « le débarquement sans fin de cadres supérieurs du monde entier ultra-payés »…et son corollaire sur les prix dans tous les domaines. Le MCG vient de faire une percée aux élections locales.
Cette formation indépendante vient de bousculer la majorité politique de Genève. Le constat est simple. Les genevois sont de plus en plus nombreux (2000 personnes en 2010) à venir s’installer en France dans les villes situées à la périphérie du pays genevois. Une pression sur les habitants de Savoie et du Bugey, désignés comme ceux de la « zone euro » qui partagent désormais eux-aussi les conséquences de l’essor de Genève.