L'agriculture bio gagne du terrain



Laurence Lemaitre travaille avec 208 producteurs bio dans le Rhône/ d.r.

Qui n’est pas favorable au bio, aux produits de la ferme respectant la nature ? L’engouement ne cesse de se renforcer et il y a lieu de pouvoir satisfaire cette demande. La réponse économique est plus difficile à mettre en œuvre car la reconversion d’une exploitation agricole répondant aux exigences de l’agriculture bio demande plusieurs années, dans le même temps, des filières de conservation et de transformation sont à créer.
Laurence Lemaître, ingénieur agronome, assume cette coordination comme directrice de l’ARDAB (un sigle de plus dans l’univers professionnel de l’agriculture). L’Association régionale pour le développement de l’agriculture biologique est particulièrement dynamique car une équipe a su impulser un mouvement de sensibilisation ; elle a à sa tête Gérard Gayet, éleveur dans les Monts du Lyonnais.
« Nous avançons vite mais avec la volonté de bien faire respecter le cahier des charges permettant l’utilisation du terme bio » insiste Laurence Lemaître. Les demandes ne cessent d’arriver au siège de l’association à la Maison des paysans de Brignais. Décidemment tout se croise en quelques dizaines de mètres dans cette ville proche de Lyon car dans le voisinage figurent les sièges d’acteurs économiques comme GL Events et Pignol.
La révolution frappée de la marque verte AB se prépare là, juste aux portes de la métropole. Elle ne doit rien au hasard car il s’agit de réussir à mettre en place des circuits de distribution fiables tant par la qualité ce que le consommateur réclame que par la régularité des productions, ce que le transformateur demande pour faire tourner son établissement. Aujourd’hui, le Rhône et la Loire comptent respectivement 208 et 198 producteurs. Preuve que le bio est sorti de la confidentialité.
« Nous sommes sur cette voie et nous avons désormais des filières dans tous les domaines de productions, notamment les plus difficiles à créer, celles de la viande et du lait » précise Laurence Lemaître. Avec elle, l’esprit des pionniers est préservé tout en l’inscrivant dans une logique d’action autorisant de répondre aux attentes d’un public toujours plus large.
Quand elle regarde Lyon, l’ARDAB voudrait voir une « ceinture verte » l’enserrer avec ses lieux de production. Le chemin à parcourir est long mais il est significatif qu’une structure « Bio A Pro » travaille avec la restauration collective. « C’est vrai, nous ne sommes pas assez visibles sur Lyon mais déjà 14 marchés bio se tiennent dans le Rhône et nous cherchons actuellement à créer des commandes groupées de consommateurs pour établir un lien direct avec le producteur » annonce Laurence Lemaître.
Le mouvement est désormais suivi par des acteurs comme les caves coopératives, notamment dans le Beaujolais. La dynamique sera de plus en plus forte. Laurence Lemaître s’en réjouit car elle sait que l’ARDAB (1) aura des réponses conçues dans la discrétion avec le souci d’une efficacité immédiate. Deux de ses qualités.
(1) L’association édite un livret « les bonnes adresses bio » recensant les producteurs, les points de vente et les marchés du Rhône et de la Loire, site www.corabio.org