"L'objectif d'Inno Robo : faire prendre conscience au marché qu'une révolution est en marche"

Bruno Maisonnier, pdg d'Aldebaran créateur de NAO / d.r.
Les applications pédagogiques de NAO, votre premier robot dit de « divertissement », répondent-elles aux objectifs de développement commercial d’Aldebaran ? Comment sont-elles perçues notamment dans des pays comme le Japon et la Corée du Sud ?
"Les applications pédagogiques et de recherche de NAO répondent totalement au developpement commercial d'Aldebaran : NAO est une plateforme d'exploration et d'experimentation de la robotique (ce n'est pas vraiment un robot de divertissement, même si c'est fun de travailler avec), aussi bien sur les aspects d'interaction entre les personnes et les robots, que pour les recherches en intelligence artificielle, ou par exemple sur la coordination entre la main et l'oeil, qui nous permet à nous humains de saisir instantanément un objet que l'on voit, ce que ne fait pas naturellement du tout un robot.
Et la puissance de NAO, aussi bien que son ouverture (on peut facilement tout explorer) le rendent très attractif aussi bien à des laboratoires de recherche en robotique, en informatique tous domaines confondus, qu 'à des médecins qui explorent en quoi les robots peuvent aider les enfants autistes (et il y a bcp d'applications) ou porteurs d'autres déficiences.
Ce large panel de domaine "explorables" explique pourquoi il est acheté par des labos ou universités américains, japonais, coréens, allemands et même Français ;-)
Nous sommes très fiers que les grands laboratoires de Tokyo, Pékin, Boston ou de la Silicon Valley s'équipent de nos NAO Français.
C'est vrai également dans le domaine de l'éducation/enseignement, ou il a été démontré que des étudiants en informatique étaient bcp plus assidus et concentrés lorsqu'ils travaillaient sur des robots, "les technologies du XXie siècle" que sur des PC technologies du XXe. C'est vrai en asie aussi, surtout avec un robot NAO qui est vu là-bas comme 2 ans en avance sur les produits asiatiques."
Présenterez vous le prototype du robot assistant personnel (projet Romeo) au salon Inno Robo ? Quels sont les éléments forts (avancées) de cette nouvelle génération de robot ?
"Le projet ROMEO suit son cours, avec comme principale évolution sur NAO une taille qui le rende "utile", capable d'assistance à la personne; c'est un véritable défi : les questions de stabilité, d'équilibre, de dynamique, d'agilité tout autant que les enjeux de sécurité prennent tout de suite une autre dimension quand on parle d'un robot capable d'aider une personne agée à se relever par exemple!
Le projet avance, néanmoins le premier prototype de ROMEO, qui doit être pret en fin du premier trimestre 2011 ne devrait pas être pret à être devoilé à Inno-Robo."
Que représente ce projet dans le schéma de développement d’un filière française de la robotique ? Cap Digital est-il le cluster apportant les premiers éléments structurels de cette filière ?
"Ce projet a et a eu un rôle fondamental dans la structuration d'une filière française de la robotique : il y a 6 ans, quand ALDEBARAN Robotique a commencé son aventure, il y avait déjà plusieurs acteurs en robotique de service, principalement des laboratoires de recherche et quelques PME, et plusieurs structures de coopération et de concertation; Mais principalement structurés autour de la recherche, ou de grands industriels issus de la robotique industrielle (qui est un domaine assez différent, avec des enjeux, des technologies, des marchés et des challenges tout autres), la robotique autonome/de services n'était pas vraiment représentée, et les besoins des PME du domaine pas assez entendus."
Il était necessaire de créer cette filière.
"Mais plutot que de le faire sous forme de regroupement de partenaires, qui allait commencer par se réunir pour definir ce qu'ils voulaient, nous avons commencé dans l'autre sens : d'abord faire un projet concret, une coopération opérationnelle, autour duquel nous allions faire cristaliser le Cluster, structurer une filière robotique Nationale.
ROMEO a été ce projet. La plupart des grands acteurs nationaux en robotique (recherche comme PME) en ont fait partie dès le début; et malgré un nombre important de partenaires, les avancées ont été rapides et dans les planning. Le projet est maintenant connu et reconnu internationalement, des laboratories etrangers demandant déjà d'acheter le robot et souhaitant faire partie du projet!
Une fois ROMEO lancé (les pouvoir publics et les collectivité territoriales de Paris et d'Ile de France ont été au rendez-vous je dois dire au passage!), nous avons pu structurer la filière et créer CAP ROBOTIQUE; Le cluster national en robotique, soutenu et aidé par le gouvernement, et par le pôle de compétivité Cap Digital, qui est proche des PME.
ROMEO a donc eu un rôle fondamental, de même que Cap Digital."
Quelles sont vos attentes du salon Inno Robo tant pour les retombées commerciales que pour une prise de conscience des pouvoirs publics) ?
"La robotique est un marché en émergence, c'est clair. Ce qui est moins évident à ceux qui ne sont pas dans le secteur, c'est que l'émergence a déjà commencé!!
Aldebaran par exemple est une PME de maintenant plus de 100 salariés, avec une filiale aux USA, une autre en Chine, une autre au Japon, et qui fait plus de 85% de son CA à l'exportation.
Des PME qui n'en ont pas l'idée, possèdent des technologies qui ajouteraient de la valeur à la robotique, aidant à vendre des robots francais à l'étranger, tout en les aidant trouvant une nouvelle source de chiffre d'affaires!
C'est l'objectif d'Inno Robo : "faire prendre conscience au marché qu'une révolution est en marche, que le jour où elle sera patente, des positions seront déjà prises, et que c'est peut être maitenant qu'il faut se mettre en mouvement".
propos recueillis par Yves Espaignet
yves.espaignet@wanadoo.fr






