Laurent Duc : « Lyon, dans le trio de tête des destinations françaises après Paris et Lourdes »

Laurent Duc, président de la Chambre de l'Hôtellerie du Rhône/ cci
La CCI enregistre une pause de la croissance de l’hôtellerie lyonnaise en mars 2011 : « pour la première fois de l’année, la croissance de l’hôtellerie lyonnaise fait une pause. La fréquentation des hôtels a baissé dans toutes les catégories. Le recul de la fréquentation s’échelonne de -1% pour l’hôtellerie économique à près de -12% pour les établissements 2 étoiles. L’hôtellerie de Lyon enregistre ce mois-ci une baisse moyenne de -7% de sa fréquentation par rapport à mars 2010.
Cette baisse de l’occupation est essentiellement due au calendrier scolaire. Les vacances d’hivers de Lyon se concentraient l’année dernière sur le mois de février alors que, cette année, elles portaient essentiellement sur le mois de mars. L’activité « affaires » s’en est trouvée automatiquement impactée. »
Les prix moyens ont cependant bien résisté à ce trou d’air puisqu’ils ont été stables par rapport à l’année passée (+0.2%). Seuls l’hôtellerie économique et les établissements très haut de gamme ont enregistré une très légère baisse (-0.5% et -1.7%).
Il n’en demeure pas moins que le secteur réussite une belle performance pour l’ensemble du premier trimestre 2011 avec une progression de 14% de son chiffre d’affaires sur un an pour la même période : « en dépit d’un mois de mars morose, le premier trimestre s’achève sur de bons résultats cumulés. Depuis le début de l’année, l’occupation et les prix moyens sont en très nette progression de +6.2% et +7.4%. Toutes catégories confondues, le chiffre d’affaires hébergement a progressé de +14% par rapport au 1er trimestre 2010. »
source CCI
L'optimisme raisonné de Laurent Duc
Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration est le troisième employeur sur la métropole lyonnaise. Le suivi mensuel des réservations effectué par la CCI témoigne de la place économique de cette activité s’appuyant sur le tourisme d’affaires. Le premier trimestre 2011 montre une progression significative d’activité malgré la faiblesse enregistré en mars. Laurent Duc, président de la Chambre de l’industrie hôtelière et touristique du Rhône se montre optimiste mais il souhaite que l’offre lyonnaise se renforce rapidement de deux grands établissements d’une capacité de 250 chambres pour recevoir plus d’événements.
Arrive la saison estivale et pour le secteur de l’hôtellerie, il s’agit d’une « période de trêve » avec des taux d’occupation de chambres les plus bas de l’année. Lyon n’est pas une destination touristique majeure pour les vacanciers. Pourtant, ce domaine d’activité est le troisième employeur en regroupant la restauration et les cafés. Laurent Duc, Président de la Chambre de l'industrie hôtelière et touristique du Rhône (Umih 69) relève que Lyon est cependant « dans le trio de tête des destinations françaises après Paris et Lourdes ».
Dans son analyse des forces et des faiblesses de l’hôtellerie, il tient à prendre en compte les infrastructures existantes du tourisme d’affaires: « aujourd’hui Lyon a une capacité d’accueil hôtelier en accord avec ce marché».
Ouvrir deux « grands porteurs » de 200 à 300 chambres
Avec une baisse de 5% des réservations à Lyon, nous avons mieux supporté la période de crise que d’autres grandes villes. Paris a enregistré un recul de 10% du nombre de réservations, pour Barcelone la chute est de 25% » insiste Laurent Duc. Il explique ce phénomène par la stabilité de l’offre au cours de la période, restée au seuil de 12 000 chambres.
Autre point fort retenu, la signature d’une charte hôtel avec le Bureau des Congrès assurant une disponibilité de chambres et des prix garantis « ce qui permet aux opérateurs chargés de mieux commercialiser la ville». Enfin, la « Lyon Welcome Attitude » est évoquée comme le témoin de l’implication de la ville dans la réception des congressistes par la signalisation de son mobilier urbain
Pourtant dans le domaine du tourisme d’affaires, si Lyon tient son rang au sein de l’Hexagone, elle ne décroche que la dix-huitième place en Europe. « Il ya des facteurs qui nous limitent. Le cas le plus visible est de ne pas pouvoir offrir 1000 chambres à répartir sur quatre sites pour un même organisateur de congrès. Nous n’avons pas assez d’hôtels de plus de 200 chambres : trois à Lyon (Ibis Part-Dieu, Radisson Blu, Hilton) et un à Saint-Exupéry (N&H Hôteles) ».
Ainsi, il estime que le secteur de la Part-Dieu qui reçoit le plus grand hub ferroviaire à grande vitesse doit se doter rapidement de deux « grands porteurs » de 200 à 300 chambres chacun.
La nouvelle classification hôtelière décidée en 2010 montre que le secteur suit une courbe favorable car 50% de l’offre lyonnaise se situe dans les « 2 et 3 étoiles ». « Mais, même si notre principal opérateur joue le jeu, nous souffrons d’un manque de concurrence avec d’autres opérateurs leaders qui porteraient de nouvelles offres à un public plus large».
Laurent Duc reste optimiste car d’autres évolutions vont renforcer l’offre lyonnaise. Ainsi, il se félicite du projet d’un « 5 étoiles » dans l’aménagement de l’Hôtel Dieu qui viendra conforter le dispositif des grands établissements comme le Radisson Blu et le Sofitel.
« Il faudrait poursuivre cet effort afin que la capacité d’accueil sur le « 4 étoiles » atteigne le seuil de 2000 Chambres ».
Globalement l’offre hôtelière devrait progresser de 5% sur les trois prochaines années et il ya lieu d’ajouter 3000 chambres de qualité en résidence (34 établissements). « Nous avons de bons atouts mais la vigilance est de rigueur notamment avec l’interrogation que constitue la modification de l’actionnariat de l’aéroport ». reprise article publié dans lyonpeople
Yves Espaignet
yves.espaignet@wanadoo.fr






