Maïa va construire 50 éoliennes au large d’Arromanches

Christophe Gruy/ d.r.
Dans la course aux énergies durables, la France veut combler son retard et mise sur l’essor des énergies de la mer avec l’éolien maritime. Le projet d’un champ de 50 éoliennes géantes « offshore » au large d’Arromanches dans le Calvados est mené par le groupe lyonnais Maïa. Cette initiative demande de l’audace et un savoir faire hors du commun pour « une moyenne entreprise » comme la qualifie son PDG Christophe Gruy. Il fait le pari de l’ingénierie détenue par ses équipes afin de concevoir une démarche globale prenant en compte l’étude du milieu maritime, celle du site, la définition de chaînes de fabrication et de montage tant des piliers que des pâles longues de plus de 60 mètres… Rien ne serait possible sans une logique d’entreprise s’appuyant sur une ambition collective de l’ensemble des salariés; la réussite exige la pleine participation de tous les acteurs. Là se trouve la clé du succès de Christophe Gruy, dans sa conduite de Maïa depuis 2007, un groupe qu’il connait parfaitement car il y était entré dix ans auparavant comme directeur général.
Lyon et le groupe Maïa ont une longue histoire commune où se retrouvent, par l’émergence d’ouvrages, les étapes de l’aménagement de la métropole. L’entreprise spécialisée dans les réalisations de grands travaux a réalisé l’auditorium, l’hôtel du Grand Lyon, les tribunes de Gerland ou plus récemment, les nouvelles berges du Rhône, la gare « halte TER » de Jean Macé. Dans le passé, l’entreprise avait réalisé les usines Rhône-Poulenc (1929).
Christophe Gruy maintient la tradition du « faire bien » revendiquée par la société créée par Amable Maja en 1908. Il se veut le gardien de l’héritage mais il a totalement transformé la vénérable maison Aujourd’hui, le groupe comprend plusieurs filiales spécialisées sur des créneaux de haute technicité employant 300 personnes dont 60% d’ingénieurs et de techniciens. Maïa base sa diversification sur la maîtrise d’ouvrage dans le domaine des énergies durables et prépare ainsi son avenir. « Une société est viable lorsqu’elle se diversifie, lorsqu’elle est en mouvement » affirme t-il en soulignant la nécessaire vision d’un projet d’entreprise. « Aller de l’avant, avoir des idées, progresser », ces volontés exprimées marquent chacun de ses propos. Elles soulignent ce qui anime ce PDG de 51 ans arrivant le matin à son bureau avec un sac de sport accroché à une épaule.
Il fallait un grain de folie toute britannique pour faire le choix de l’éolien maritime inexistant en France : « il s’agissait d’un serpent de mer mais les avancées technologiques en font une voie crédible ». Le projet RHEA demande un investissement de 600 millions d’euros ; ces éoliennes « offshore » avec une puissance moyenne de 250 MW pourront couvrir les besoins d’un million de personnes. Le chantier demandera entre 5 et 6 années après l’obtention du feu vert administratif attendu en 2010. Le savoir faire acquis autorisera alors d’autres projets car les côtes ventées ne manquent pas en France. Pour l’instant, Maïa poursuit ses réalisations dans l’hydraulique et l’éolien terrestre.
(article publié dans la rubrique économique de Lyon People)
Yves Espaignet






