PROSPECTIVE/ Croissance entre +1,4% et 2% en 2011

2011 verra s'affirmer une dualité économique mondiale / d.r.
Le cabinet français de recherche économique PrimeView vient de présenter son analyse prospective pour 2011.
La croissance restera la règle dans les pays développés en raison d’une donne identique à celle de 2010. Point à souligner dans l’étude : « la consommation poursuivra son amélioration graduelle, en dépit des plans de rigueur prenant effet au début de cette année en Europe. »
A l’opposé, les mesures anti-inflationnistes prises par les gouvernements des pays émergents vont freiner leur développement. Le schéma général sera favorable avec « une croissance conséquente en 2011, comprise entre +3% et +4% pour les Etats-Unis et entre de +1.3% et +2% pour la zone euro ». Optimisme affirmé pour la France : « la France est attendue quant à elle légèrement au-dessus de la moyenne européenne, avec des estimations comprises entre +1.4% et +2%..... L’Allemagne tirera vers le haut la croissance européenne avec des taux de croissance compris entre +2% et +3% ». En revanche la Chine verrait son taux se tasser pour passer de +10,3% à +9,1%, suivant ainsi la même courbe que celle du PIB mondial (de +4,8% à +4,3%)...
Le risque d’une hyperinflation
L’inflation des pays émergents n’épargnera pas les pays dits riches puisqu’un « effet d’inflation importée » se réalisera avec l’envolée du prix du pétrole et des produits agricoles. Elle peut provoquer une pente déflationniste à moyen terme en touchant la consommation des ménages (facteur déterminant de la croissance française). Il y aura des tensions sociales sur la question du pouvoir d’achat et les salaires seront au centre des débats à venir…
La situation de surchauffe vécue par les pays émergents se double d’une attractivité de leurs taux d’intérêt qui provoque un afflux financier. D’où la crainte d’un emballement : « l’inflation dans les pays émergents et la hausse des prix des matières premières trouvent l’essentiel de leur origine dans la vigueur de l’économie chinoise ». La Banque centrale chinoise est passive et n’a que faiblement relevé ses taux directeurs car la distribution du crédit bancaire reste privilégié : « l’année 2011 démarre (elle aussi) en trombe : le volume de prêts distribués atteint 500 milliards de yuans pour la seule première semaine de janvier (58.3 milliards de dollars), soit plus que la totalité des prêts octroyés sur l’ensemble du mois de décembre 2010 (480.7 milliards de yuans)… Les prêts bancaires auraient donc atteint le montant vertigineux de près de 30% du PIB nominal chinois pour la seule année 2010. ».
Des craintes s’expriment sur la solidité des assises des institutions financières chinoises : « les banques se retrouvent aujourd’hui avec des montants abyssaux de créances plus que douteuses, contractées massivement par les collectivités locales. La situation est telle que de nombreux débiteurs n’ont plus d’autre choix que de rembourser leurs emprunts anciens par de nouveaux, une sorte de pyramide de Ponzi s’installant au niveau local. ».
Et les deux économistes, Jean-Luc Buchalet et Pierre Sabatier de s’interroger sur la stratégie des autorités monétaires chinoises : « craindraient-elles de provoquer une hécatombe en normalisant pour de bon leur politique monétaire, tout en laissant le yuan s’apprécier réellement ? »
La volonté de renforcer la demande intérieure pour rééquilibrer le moteur de la croissance devraient les amener à favoriser une revalorisation des salaires (70 des salariés chinois travaillent à l’export) : « mais la transformation d’un modèle basé uniquement sur l’offre vers un modèle plus équilibré reposant plus sur la demande intérieure n’est pas chose aisée : elle est d’autant plus difficile que le poids des salaires dans le PIB est historiquement bas (25% du PIB contre 70% pour les Etats-Unis et 60% pour l’UE). Malgré un boom des ventes de détail de 18.4% en 2010, la contribution de la consommation à la croissance chinoise n’a été que de 3.9 points sur les 10.3 points de croissance du PIB ».
Ainsi s’affirme une situation duale avec « d’un côté des forces déflationnistes structurelles et significatives au sein du G3 (USA, Japon, Europe), et de l’autre des forces inflationnistes puissantes dans les pays émergents à l’image de l’ensemble de l’économie mondiale des années 1970 à la fin des Trente Glorieuses ». L’Euro devrait reprendre sa progression vis-à-vis du dollar






